Joseph ki zzerbo

Pensée : Paroles et Ecrits de Joseph Ki-Zerbo

LA PAUVRETE (page 15)

Joseph Ki-Zerbo « … ceux qui sombrent dans la pauvreté sont rayés plus ou moins du champ politique ; ils perdent leur visibilité et n’ont pas de voix autonome ni d’oreille critique : Ventre affamé n’a pas d’oreille ». Ce lumpen prolétariat, produit en vrac et en masse aujourd’hui, n’a même plus les vertus du prolétariat d’antan : ni dans l’offre, ni dans la demande, ni dans le rapport de production, car il n’a souvent plus accès au poste de producteur, ni à celui de consommateur (pouvoir d’achat effrité). Les couches vouées aux sacrifices humaines du Marché sont trop écrasées pour échapper à la dialectique du Maître et de l’esclave. »

PROMOTION DE LA FEMME (page 21)

Joseph Ki-Zerbo « Un … terrain où des avancées sont en cours qui intéresse le politique c’est la promotion de la femme comme cause centrale du progrès humain. Dans la politique comme dans la science et dans l’accès aux pouvoirs liés au capital financier, foncier, intellectuel, médiatique, etc.., la femme d’où est issu tout être humain présent dans ce monde, revendique ses droits d’auteur sur l’espèce, et accomplit des pas de géante. Même lorsque c’est par la voie des quotas, ce n’est pas uniquement parce qu’elle est femme qu’on la distingue, c’est sur la base des mérites individuels qu’elle se distingue et non sur la base génésique. »

LA LIBERTE COMME MERE ET FILLE DE LA NATION (pages 32/33)

« La famine a souvent raison de l’indépendance, et la mendicité n’autorise qu’une liberté
honteuse et hypothéquée. Quand l’aide extérieure n’est plus un point d’appui solide, mais une
suite de remèdes précaires, la liberté chancelle et se trouve en péril. D’où la revendication de
la liberté économique, du droit de vivre qui conditionne le droit de choisir. »

L’ECOLE EN AFRIQUE (page 44)

L’école en Afrique est trop souvent une base de déracinement économique, social et culturel
encore plus pour ceux qui réussissent que ceux qui échouent. La minorité des « happy few »
est d’ailleurs de moins en moins heureuse, car le chômage des diplômés crée un sentiment de désunion « nationale. »

LA DEMOCRATIE COMME BOUCLIER (page 49)
« La démocratie est le meilleur bouclier du pouvoir parce qu’elle responsabilise et intéresse,
au sens matériel du terme, toutes les parties prenantes de la société civile. C’est d’ailleurs,
dans le cas contraire, ce qui explique l’indifférence et la passivité remarquable du peuple
chaque fois qu’il y a un renversement brutal de régime en Afrique. Les gens ne se sentent pas concernés. »

DROITS HUMAINS COMME LOCOMOTIVE DU DEVELOPPEMENT ET
LOGICIEL DE LA DEMOCRATIE (page 60)

« Pour échapper au « monstre froid » qu’est souvent l’Etat, même de droit, pour ne pas se
perdre dans la jungle du marché même libre, les droits humains constituent le levier
fondamental pour multiplier l’un par l’autre le développement et la démocratie. Non pas qu’il
faille établir un « Méga-ministère » des Droits de l’Homme pour coiffer les Ministères de
l’Intérieur, de la Justice, des Finances et de l’Economie, mais pour que dans le plan national et en tout cas dans le projet de société, les droits soient l’objectif stratégique et le moteur
permanent. »

LE RÔLE DES PARLEMENTS DANS LE PROCESSUS DEMOCRATIQUE EN
AFRIQUE (page 72)

« … le Parlement africain, pour acquérir ses lettres de noblesse, doit se donner des priorités
stratégiques spécifiques afin d’être, au sein de la constellation des pouvoirs politiques, celui
qui plaide davantage à partir des réalités, des intérêts et des valeurs des peuples. Le Parlement… doit … être proche du peuple qui transcende le long terme. C’est ainsi que les Parlements devraient être branchés sur les grands chantiers suivants :
 La Décentralisation : ce qui est donné aux collectivités locales n’est pas ipso facto
soustrait à l’étage national du Parlement, bien au contraire. Mais cette
décentralisation doit impliquer réellement la société civile. Tel était le paradigme
de la bonne gouvernance africaine durant la période pré-coloniale ;

L’Environnement doit être aussi un des fronts pionniers de l’engagement des
Parlements africains : il s’agit d’une responsabilité intergénérationnelle qui
implique des options fondamentales sur les problèmes de la biodiversité, des
enjeux fonciers et de la sécurité alimentaire ;
 Enfin, face à la mondialisation dévoreuse des petits et faibles, l’étage d’avenir est
la Régionalisation sans laquelle nous ne serons jamais des acteurs de l’Histoire en
cours.

Joseph Ki-Zerbo : L’Afrique doit se constituer. Elle doit être avant d’avoir ; elle doit disposer d’une force interne et d’un pouvoir de négociation externe. »

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