Quelques réflexions tirées de la mémoire collective africaine

La paix n’est pas l’absence de guerre : à l’instar de la santé, la paix est le bien des biens sans lequel on ne peut jouir des autres biens. Un non-malade est potentiellement malade, or la paix, comme la santé, sont une dynamique positive constamment en action. Les Africains avaient dans l’ensemble compris cet impératif. Certes, ici comme ailleurs, il y a eu des tyrans et même des génocides. Mais les ethnocides culturels, par exemple, ont été très rares, comme en témoigne la prolifération exceptionnelle des langues.

Les sociétés africaines étaient aussi fortement intégrées grâce au principe du consensus maximal, bien différent du consensus absolu des dictateurs. Le droit coutumier, corpus d’usages, de comportements, de droits et de devoirs, s’imposait à tous, à commencer par le roi. Dans les civilisations agraires anté-capitalistes où la prospérité du pays dépendait étroitement de la terre et des travailleurs ruraux, la norme sociale absolue était d’intégrer des groupes sociaux solidaires sans perte de substance et d’énergie. D’où une culture tournée vers la paix et la préservation du statu quo. Cette conception transparaît dans les interminables salutations où le mot paix revient comme un leitmotiv : « as-tu la paix? » « Héré bé? » en bambara, « Laafi bé mé ? » en more.

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